Mes amis mes amours mes emmerdes

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Ces trois composantes constituent sans doute la vie de chacun de nous. Les amis c’est primordial, si l’on excepte la famille. Les amours on y pense toujours. Les emmerdes c’est ce qui gâche tout.

En 1 ère année de maternelle, ma copine c’était Corinne. On jouait près de la poubelle à la récréation. Il parait qu’elle était vilaine et bête avait dit la maîtresse à ma mère, mais moi je l’aimais bien. A la maison, je jouais avec Nathalie. On devait se marier, on avait juste cinq ans. On couchait ensemble à l’époque. Il y avait aussi Sylvie à Chef-Boutonne. Puis, nous avons quitté les Deux Sèvres. J’ai retrouvé Nathalie à Bordeaux. C’était toujours ma copine. Mais à l’école, en dernière année de maternelle, il y avait aussi Sandrine. A la récréation, je jouais avec Myriam et Sandrine. Un soir, rentré chez moi devant ma soupe, j’étais perdu dans mes rêves. Mon père m’interrogea alors, « A quoi penses-tu ? ». Je répondis « A Sandrine ». Mes parents furent pris d’un fou-rire.

A Gardonne, mon copain c’était Pascal, il y avait bien la famille B., mais on se foutait un peu d’eux. Avec Pascal et la famille B. j’ai beaucoup joué, ainsi qu’avec les filles L.
A Bordeaux, mon grand copain c’était Jean Christophe V. On était toujours assis l’un à côté de l’autre en classe. Et puis, il avait de beaux crayons feutres, alors! Je l’invitais pour mon anniversaire. Il m’offrait toujours à cette occasion, des livres sur l’histoire (l’Antiquité, 1492…). Puis j’ai changé d’école puisque nous sommes allés habiter à Pessac. Dans la classe, il y avait Maryse. Je l’aimais bien à l’époque. Mon grand copain ce fut Bertrand. Je l’aimais bien parce qu’il était très cultivé.

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En CM1, où Madame H. nous obligeait à faire un texte libre tous les mercredis, Bertrand m’étonnait par son vocabulaire et moi j’étais ébloui quand il décrivait son jardin. Nous discutions pendant les récréations. Il chantait toujours des chansons de Brassens, « La mauvaise Réputation » : « Au village sans prétention… ». Bertrand sera un ami très fidèle. Après mon accident, nous aurons une correspondance qui durera plusieurs années. Il sera présent à mon anniversaire, pour mes 40 ans.
En classe, j’aimais bien Maryse mais elle était déjà promise à Jean car ils étaient ensemble en CE2. En classe de neige Maryse s’est cassée la malléole. Parfois, je restais avec elle pendant que les autres faisaient du ski. Nous discutions de ci et de ça. Nous faisions des acrobaties, mais elle avait son plâtre. Mado, l’instit, disait: « Maryse tu vas te casser ta deuxième jambe! ».

Puis, je suis passé en 6 ème. Il y avait toujours Maryse mais je n’avais, alors, plus d’yeux que pour Valérie M., une belle blonde qui n’avait que faire de moi. En ce qui concerne les amis : c’était Paul Louis D.. Quand nous allions au stadium faire gym, il me racontait ses lectures : « La Reine Margot », « La Dame de Monseraut ». Parmi les copains, il y avait aussi Jean Pascal et Pierre. J’étais souvent à côté de Pierre en cours de math. La prof de math qui nous impressionnait, nous, petits sixièmes, nous disait : « Je ne suis pas une dragonne n’ayez crainte ». Cela est resté, Pierre l’appela dorénavant la Dragonne. Jean Pascal était aussi un bon copain, toujours félicité par les profs. Et puis, il y avait le gros V. Moi je ne l’aimais pas trop. Son père avait fait polytechnique alors il ne jurait que par les maths.

En fin de 6 ème, j’ai eu ma tumeur au cerveau et les « grosses emmerdes » ont commencées. C’est là aussi qu’on a reconnu les vrais amis. Comme j’ai passé près de 6 mois à l’hôpital, beaucoup d’amis et de copains sont venus me voir. J’ai été abreuvé de livres et de cadeaux en tout genre. Cela ne me faisait pas oublier toutes les IRMs et tous les EEGs que j’ai passées. Les emmerdes c’est surtout cette tumeur qui m’empêcha de faire ce que je voulais faire dans la vie.

En fin de troisième, a été organisé pour la classe d’allemand première langue, la nôtre, un voyage en Allemagne, à Lindau. La classe de seconde langue s’y est jointe. La prof d’allemand, demoiselle d’un certain âge, affolée à l’idée de faire passer les tourniquets du métro à un handicapé ne voulait pas m’emmener. La prof de math et la directrice ont pris parti pour la prof d’allemand.
Finalement, mes copains ont fait faire à la lectrice d’allemand une lettre qu’on envoya en Allemagne. Mais ce fut une histoire qui fit parler. Il se trouve que dans la classe de jeunes filles qui correspondait avec nous, étudiait une fille prénommée « Ute », dont le père était handicapé. La famille était donc familiarisée à ce genre de problèmes. Elle a donc tout de suite accepté que je corresponde avec elle. A la fin des dix jours, la prof d’allemand a dit que j’étais celui qui avait le plus plus profité de son voyage. Je lui ai répondu qu’avant de dire n’importe quoi il fallait savoir de quoi on parlait!

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Cette année là, les emmerdes se sont accumulées. En effet, en fin de troisième il fallait trouver une orientation. Je passais en C juste juste, mais aucun lycée ne voulait m’accueillir parce que j’étais handicapé.

Il fallait passer par l’IEM et moi j’étais un peu réticent à cette idée. Je suis rentré en école privé à Tivoli où j’y suis resté trois ans.
Comme Tivoli était une école expérimentale, ils adoptaient par avance la réforme prévue pour 1982. C’était une chance! Mais le programme en math était abominable : « les espaces vectoriels », encore une emmerde!

Heureusement, la physique au début ça allait. Mon copain c’était Antoine, les autres que des fils à papa. Je les traitais de « petits cons »!
En Hypocagne, j’ai rencontré mon grand copain, Jean-Christophe M., un fou de moto. Nous nous sommes suivis à la Fac. Il est prof agrégé de lettres classiques aujourd’hui. Je le vois toujours, ainsi que Paul qui était au collège avec moi. Je vois aussi Jean Pascal qui est devenu vétérinaire.

Mes amours ne se sont jamais vraiment concrétisées. En fait, je n’ai jamais été un grand amoureux. Ce n’était pas ma préoccupation première. J’aurais pu chanter : « Avec les filles je ne sais pas, je ne sais pas ».

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Olivier G.

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